Historique : Les Pionniers de "La Bio" - Parmi eux : Philippe Desbrosses























Dans les années 1970, un mouvement sociétal de retour à la nature favorise le développement de modes de productions biologiques.

Le terme agriculture biologique est légalement protégé en France depuis la loi d'orientation agricole du 4 juillet 1980 et le décret du 10 mars 1981, lesquels l'ont définie, et ont fixé les conditions d'homologation des cahiers des charges et précisé les substances pouvant être utilisées dans la production, la conservation et la transformation des produits agricoles dits biologiques.

La consommation d'aliments issus de l'agriculture biologique a progressé de près de 10 % en moyenne par an depuis 1999, pour représenter 1,56 milliard d'euros en 2005, tandis que la demande annuelle d'aliments conventionnels n'augmentait que de 3,6 %, selon l'Agence française pour le développement et la promotion de l'agriculture biologique

En 2005, le marché français des produits alimentaires biologiques s'élevait à 1,6 milliard d'euros, le poste le plus important étant celui des fruits et légumes, qui totalise 264 millions d'euros. Mais l'ensemble des produits vendus aux rayons crémerie - produits laitiers (132 millions d'euros), lait (99 millions) et œufs (95 millions) - représentent eux-mêmes 21 % de la consommation des aliments bio, avec un total de 326 millions d'euros.

L'agriculture biologique française représente 8,81% de l'agriculture biologique européenne[18]). Fin 2006, 11 640 exploitations étaient engagées en agriculture biologique, soit 552 824 hectares représentant 2 % de la SAU nationale, dont 53 235 hectares sont en conversion.

En 2007, la Surface agricole utile (SAU) consacré à l'Agriculture Biologique était de 2%. Le nombre des agriculteurs bio a légèrement augmenté, passant de 10 000 producteurs en 1982 à 11 640 en 2007.

Le label Agriculture biologique : Les pionniers de l'agriculture biologique en France ont mis plusieurs années à obtenir une reconnaissance officielle du label AB par les pouvoirs publics en 1993. Le label Agriculture Biologique (Logo AB) est aujourd'hui reconnu par le Ministère de l'Agriculture, un cahier des charges précis définit les règles permettant d'être certifié. Il garantit que l'aliment est composé d’au moins 95 % d’ingrédients issus du mode de production biologique, ne comporte ni colorant chimique, ni arôme artificiel, ni additifs de synthèse, ni agent de conservation chimique et n'a pas été irradié[19]. Plusieurs organismes certificateurs ont l'autorisation de délivrer la certification[20] : Aclave, Agrocert, ECOCERT, Qualité France SA, Ulase, SGS ICS

Le label Nature & progrès : Nature & progrès est à l'origine en 1970 du premier cahier des charges bio au Monde, homologué en 1986 par les pouvoirs publics. La mention Nature & progrès intègre, dans une démarche globale, des domaines écologiques, économiques et humains.[21]

L'Image de l'agriculture biologique en France : Selon une enquête de l'institut CSA, réalisée fin 2005, pour l'Agence française pour le développement et la promotion de l'agriculture biologique :

  • 90% des français estiment que les produits AB contribuent à préserver l'environnement ;
  • « Près d'un Français sur deux (47 %) consomme des produits biologiques au moins une fois par mois » et « plus d'un sur deux (56 %) se sent proche des valeurs bio ».
  • ils achètent leurs produits AB, pour 72% en grandes et moyennes surfaces, 43% sur les marchés, 29% en magasins spécialisés, 22% auprès d'artisans-commerçants et 22% directement à la ferme ;
  • la majorité des consommateurs de produits AB habitent dans les régions Île-de-France et celles du pourtour méditerranéen.

Les Réseaux de distribution :

  • Distributeurs spécialisés : Naturalia, La vie claire, Biocoop, Les Nouveaux Robinson, Satoriz)
  • AMAP : Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne. (Pas exclusivement bio)
  • Le Réseau des Jardins de Cocagne







Philippe Desbrosses est docteur en environnement-agronome. Il a fait reconnaitre aux yeux du grands publics l'agriculture biologique en France en 1973 en co-créant le logo AB. Il a fondé un centre pilote européen en agriculture biologique à la ferme de Ste Marthe, ferme familliale de la famille Desbrosses à Millançay en Sologne. Il est également expert auprès du Ministère de l'Agriculture depuis 1983, auprès de la C.E.E. et du Parlement Européen depuis 1985.

Il est l'auteur avec Jacqueline Desbrosses de plusieurs ouvrages :
  • Mangez bio, éditions du Rocher, 1998
  • Agriculture biologique, éditions du Rocher, 1998,
  • l'intelligence verte, 1997
  • Nous redeviendrons paysans, 1993
  • Les secrets de l'alimentation saine, 1991
  • La terre malade des hommes, 1990
  • Le krak alimentaire, 1988.
  • Il a collaboré à l'ouvrage "Politique Ecologique =Plein Emploi" de Jean-Marc Governatori paru en Mars 2007.
Philippe Desbrosses est le créateur de l'association "Intelligence Verte" , organisatrice des Entretiens de Millançay, tous les ans, fin septembre ou début octobre. L'année 2008 a vu la 17e édition.
























Pour Philippe Desbrosses, l'agriculture biologique est le modèle idéal d'agriculture durable, puisqu'elle recycle l'ensemble de ses déchets, respecte les cycles saisonniers et préserve les ressources qui constituent le patrimoine commun transmissible aux générations futures... Mais pourquoi tout le monde ne l'adopte-t-il pas ?

C'est un vrai écolo, de la première heure, mais version " humaniste " (proche de Corinne Lepage). C'est également un scientifique reconnu : Docteur en sciences de l'environnement, expert consultant auprès de l'Union Européenne, membre du Comité Scientifique de la Fondation Nicolas Hulot. Et, "accessoirement ", c'est un agriculteur bio, en Sologne, où il est Directeur du Centre Pilote de la Ferme de Sainte-Marthe (120 ha de surface agricole utile sur un territoire de 160 ha constitué de plaines, bois, étangs).

S'il avoue que l'on ne fait pas fortune dans le bio, en revanche, il reconnaît que les produits coûtent 20 à 30 % plus cher, en moyenne, pour le consommateur. Mais, il ajoute que le consommateur devrait y regarder de plus près : un poulet bio coûte 50 % plus cher, à l'achat qu'un poulet industriel de même poids. Pourtant, après cuisson, le poulet industriel a " fondu ", rendant toute son eau : du coup, le poulet bio redevient compétitif, car il y a plus " à manger ". Ce type de message n'est pas très facile à faire passer . Mais si l'acheteur final savait que le poulet industriel est élevé en 27 jours, (au lieu de 90 !), à coup d'hormones et d'antibiotiques et qu'aux USA, la très sérieuse FDA (Food and Drug Administration) vient d'interdire d'appeler " poulet " ce qui est vendu dans certaines chaînes de restauration rapide, tellement le résultat est éloigné de ce qu'est un " vrai " poulet... il ya des chances pour qu'il se rue, dans la mesure de ses moyens vers les produits bio !

Philippe Desbrosses mène un combat quotidien contre les adversaires de la bio : les mandarins, comme il les appelle c'est à dire les lobbies de l'agro-chimie. IL y a ceux qui sortent des rapports qu'il qualifie de partiels, comme celui de l'AFSSA, qui tendrait à prouver que les produits bio ne sont pas meilleurs pour la santé, ou encore contre l'accusation récurrente portant sur les mycotoxines de la bio (voir encadré). Selon lui, c'est tout simplement l'inverse :  ce sont les productions industrielles qui sont le plus exposées à ces contaminations par des champignons.

S'il consent à dire que l'agriculture raisonnée représente une tentative louable d'amélioration des pratiques agricoles, il n'en ajoute pas moins qu'elle comporte de nombreuses contradictions et incohérences, et que, de toutes les façons, elle ne résout pas l'équation économique de l'agriculture productiviste : selon lui, le revenu agricole en France est, à la virgule près, équivalent à la somme des subventions versées par Bruxelles. Sans subventions, il n'y a pas de revenu agricole en France !

Mais dans ce cas pourquoi tous les agriculteurs ne se convertissent pas au bio ? Honnête, Philippe Desbrosses reconnaît que ses stages de formation sont pleins de néo-ruraux, alors que les agriculteurs de métier ne représentent que 10 % de sa clientèle !