
Fracture : Les
négociations de Durban qui se sont achevées mi-décembre semblent encore
loin d’avoir répondu à l’urgence de la situation, même s’il serait sans
doute injuste de ne pas y voir quelques points positifs comme la
sauvegarde du protocole de Kyoto et le retour de l’Europe dans le
leadership de la diplomatie climatique. « Le principal danger
aujourd’hui n’est plus le climato-scepticisme mais la montée en
puissance de l’écolo-pessismisme, très net dans les médias alors que
Durban nous offre un scénario crédible de sortie de crise », veut
positiver Ronan Dantec, sénateur EELV et porte-parole de l’ organisation
mondiale des villes Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU) dans la
négociation internationale sur le climat. | Une fracture que constate également Pierre Radanne, président de l'association 4D et expert en politique climatique. « Durban
a entériné 4 lignes de fracture. D’abord, celle ouverte à Cancun entre
les négociations climatiques et les parlements nationaux qui ne sont
plus obligatoirement saisis de la question. Cette déconnection est
dramatique car l’on aboutit ainsi à des négociations hors-sol. Ensuite,
il existe une rupture entre les pays « pleins » (UE) qui souhaitent
aller de l’avant et les pays « vides » (Canada, Australie, Etats-Unis,
Russie) qui freinent les négociations. On voit également une fracture
entre les objectifs scientifiques et politiques : bientôt l’écart sera
tellement important que la pression scientifique s’amenuisera…Enfin, les
Etats défendent clairement leur propre intérêt au détriment de
l’intérêt général », analyse cet expert habitué des négociations climatiques. Ces
lignes de faille seront-elles toujours de mise dans 4 ans, lorsqu’il
faudra préciser le futur traité post-Kyoto, dont le statut juridique
reste très flou ? En attendant, pour Pierre Radanne, il est
indispensable de ne pas manquer la « séquence historique unique »
de la mi-2012. De mai à fin juin en effet, 3 évènements majeurs auront
lieu coup sur coup : la réunion de préparation à la COP 18, à Bonn, le
G20 au Mexique et la conférence mondiale des Nations Unies sur le
développement durable « Rio +20 », au Brésil. « Il s’agit de 6
semaines de négociations déterminantes pour l’avenir de la Planète. Si
nous ratons cette séquence, je ne sais pas comment nous pourrons nous
rattraper », prévient-il. Novethic |