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Accord de Paris


                                    Un accord "historique" a été trouvé à Paris en décembre 2015 qui confirme la
                                    nécessité de limiter la hausse de la température globale bien en-deçà des 2°C
                                    d'ici 2100 par rapport à l'ère pré-industrielle.

                                    Cet accord cible même les 1,5°C. Le texte pose aussi le principe d'un réexamen,
                                    tous   les   5   ans,   à   la   hausse,   des   engagements   climatiques   des   Etats   (les
                                    fameuses INDC) et d'un bilan collectif des progrès sur la même période.

                                    Il fait une place accrue à l'adaptation et entérine aussi le mécanisme des pertes
                                    et dommages, sorte d'assurance climat pour les pays les plus vulnérables au
                                    changement climatique.
                                    Concernant les financements, il fait des 100 milliards de dollars que s'étaient
                                    engagés à réunir les pays développés - pour la transition énergétique des pays en
                                    développement et leur adaptation aux changements climatiques - une somme
                                    plancher. Une enveloppe globale qui devra être révisée en 2025.

            Cent-onze Etats, ainsi que l'UE, ont ratifié l'Accord de Paris, à l'issue de la COP22 de Marrakech (Maroc).
            Collectivement, ces pays représentent plus des trois quarts des émissions mondiales. Pour entrer en vigueur,
            l'Accord de Paris adopté en décembre 2015 devait être ratifié par au moins 55 Etats, couvrant 55% des
            émissions mondiales de gaz à effet de serre  (GES). Le premier seuil a été franchi le 21 septembre 2016 et
            le second le 5 octobre. L'Accord est entré en vigueur le 4 novembre, soit 30 jours après que les deux
            conditions aient été réunies. Il aura fallu moins d'un an pour que l'Accord soit officiellement validé. Un
            record pour un traité international de cette importance.

            Son principe fondamental est de laisser chaque Etat décider de l’effort dont il est capable. Le niveau de
            bonne   volonté   varie   considérablement   d’un   pays   à   l’autre.   Par   exemple,   la   Dominique,   qui   émettait
            l’équivalent de 3,2 tonnes de CO2 par habitant en 2010, a promis l’effort le plus important, proposant une
            réduction de 73 % de cet indicateur d’ici à 2030. A l’autre extrémité du spectre, le Qatar, le plus gros émetteur
            mondial par habitant – avec l’équivalent de 72,1 tonnes de CO2 par habitant en 2010 – s’engage à…
            augmenter ce taux de 2 % d’ici à 2030. « Cet accord universel marque incontestablement une nouvelle
            gouvernance, mais il est fondé sur du droit mou », reconnaît l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot.

            Le principe de «différenciation» était au cœur des négociations supplémentaires. Ces derniers rechignaient à
            inscrire dans le marbre la vieille dichotomie pays riches/pays pauvres. Le compromis se fait dans l'article 2
            du traité qui acte le le principe de . En résumé, les pays en voie de développement appelaient les pays
            développés à leur responsabilité historique. C'est-à-dire à faire des efforts différents résultant de leurs
            «circonstances nationales différentes».
            Une formulation jargonneuse qui peut paraître compliquée mais dit en fait quelque chose de très simple: rien
            n'est figé, le monde évolue. Dans le reste de l'accord, il est reconnu que les pays développés doivent jouer
            un rôle moteur dans la réduction des émissions mondiales et aider financièrement les pays en voie de
            développement dans la lutte contre le réchauffement climatique.

            Droits : Le texte final fait référence aux "obligations en terme de protection des droits de l’Homme" dans son
            préambule. C’est une victoire car ce rappel avait disparu dans la version précédente de l’accord. Cela donne
            une "certaine base juridique" pour défendre les droits de ceux qui ont été victimes d’abus dans des conflits
            environnementaux,  comme  lors de  la  déforestation  illégale,  assure Teresa Anderson,  spécialiste  de  la
            question pour Action Aid. Elle regrette cependant que les droits de l’Homme soient cantonnés au préambule.
            "Si la référence était présente dans l’accord lui-même, il y aurait une obligation légale plus forte d’en tenir
            compte", estime-t-elle.

            Les droits humains et l’égalité des sexes sont actés, mais par rapport à des versions antérieures du texte, ils
            apparaissent affaiblis, ayant été retirés de l’article 2 sur les objectifs de l’accord et ne figurent pas dans les
            parties opérationnelles du texte. On constate aussi l’implantation de l’expression "équilibre entre les sexes",
            surprenante par rapport à la notion juridique d’égalité. On voit que l’égalité femmes-hommes et l’approche de
            genre dans les négociations climatiques, progressivement acquises depuis quelques années grâce à la
            mobilisation acharnée d’associations de femmes et féministes (cf. notamment la  résolution de Lima sur
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