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Afrique :  L'Afrique est confrontée à trois phénomènes majeurs
                                                 qui sont la sécheresse dans les États du Sahel et de la Corne de
                                                 l'Afrique  (Éthiopie,   Somalie,   Érythrée,   Kenya)   occasionnant   de
                                                 nombreux épisodes de faim dans ces contrées, la désertification
                                                 due   à   la   surexploitation   agricole   ainsi   qu'à   la   poussée
                                                 démographique, enfin la déforestation causée par une agriculture
                                                 extensive sur brûlis et de nombreux conflits armés notamment à
                                                 l'est de la République démocratique du Congo.

                                                 La déclaration de Rio + 20 a pris en compte les points de vue des
                                                 africains.   Cependant   on   ne   peut   pas   dire   que   ceux   ci   soient
                                                 satisfaits puisque les engagements qui ont été effectivement pris ne
                                                 sont pas des engagements concrets ou chiffrés.

                                                 Aujourd’hui   en  Afrique,   on   ne   peut   plus   attendre   puisqu’il   y  a
                                                 l’insécurité  alimentaire, les questions de conflit, de changement
                                                 climatique, de désertification.
            L’Afrique est  du côté  des victimes innocentes de  la pollution.  Selon les statistiques, elle  n’émet dans
            l’atmosphère que quelque 4 % du CO2, alors qu’elle en subit les retombées autant que les pays fautifs. Sinon
            plus. En témoigne, à titre d’illustration, la disparition inexorable du lac Tchad. C’est pourquoi, à Copenhague
            comme à Paris, elle a usé avec ténacité de son argument massue :« Que les pollueurs paient ». Approuvé,
            du reste, par le groupe des pays du Sud. Qui entendaient, en bloc, que les pays développés, pollueurs,
            délient la bourse pour financer leur adaptation à la « transition énergétique ». D’où l’idée d’un « fonds vert »
            en soutien de cette période qui s’annonce délicate.

            Depuis Copenhague, la réponse des pays riches n’a pas varié. Ils ont consenti à mettre en jeu 100 milliards
            de dollars, par an, à partir de 2020. Un montant considéré comme plancher et non un plafond (appelé à être
            revu). Les détails sur la distribution de cette cagnotte ne sont pas connus. De son côté, la France a accordé
            2 milliards d’euros, à verser spécialement dans la « corbeille africaine ».

            Ainsi, le compte a-t-il été réglé ? En partie, car, l’essentiel est de savoir, surtout, si la « transition carbone »
            en faveur des énergies renouvelables sera bénéfique pour un développement exponentiel de l’Afrique.
            Jusqu’ici,  on  a moins  évoqué cet aspect  du problème. De manière  générale,  le continent tire encore
            l’essentiel de son énergie du charbon ou des hydrocarbures. Il en usera encore pendant un temps, en
            attendant que les nouvelles énergies prospèrent. Tout en étant placé devant un véritable paradoxe : d’un
            côté,   tenir   au   respect   des   recommandations   de   la   COP   21   et,   de   l’autre,   s’appliquer   au   devoir   de
            développement..
            Aujourd'hui, seulement 16% des financements « climat « internationaux vont à l'adaptation, alors que les
            impacts du changement climatique, que ce soit des sécheresses, des inondations, des ouragans, sont
            visibles . Quarante-sept pays vulnérables viennent de s'engager pour 100% d'énergie renouvelables .

            Le coordinateur du déploiement de l'initiative africaine, le président guinéen, Alpha Condé, tient un registre
            des   400   projets   africains   à   financer   pour   un   financement   global   de   la  BAD  (   Banque  Africaine   de
            Développement ) de 10 milliards de dollars. Mais  les options de la BAD  sont largement critiquées par les
            agriculteurs et agricultrices d’Afrique. Pour cette dernière le développement agricole de l’Afrique passe tout
            particulièrement par l’accès aux engrais, alors qu’ils polluent les sols, participent au réchauffement climatique
            en émettant des gaz à effet de serre (GES) et augmentent la facture énergétique mondiale.

            Les multinationales du secteur des engrais vont continuer à faire des profits énormes comme lors de la crise
            alimentaire de 2007 et continuer les mêmes agissements dans les négociations climatiques et au sein de
            cette Alliance mondiale pour une agriculture intelligente face au climat mis en place pour soutenir une autre
            arnaque pour l’agriculture qu’est le Climate Smart Agriculture.


                           Accès à l’énergie pour les populations rurales
                           Développement durable en Afrique
                           Eau potable en Afrique
             Vidéos en
             ligne
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