Afrique



L'Afrique est confrontée à trois phénomènes majeurs qui sont la sécheresse dans les États du Sahel et de la Corne de l'Afrique (Éthiopie, Somalie, Érythrée, Kenya) occasionnant de nombreux épisodes de faim dans ces contrées, la désertification due à la surexploitation agricole ainsi qu'à la poussée démographique, enfin la déforestation causée par une agriculture extensive sur brûlis et de nombreux conflits armés notamment à l'est de la République démocratique du Congo.

La déclaration de Rio + 20 a pris en compte les points de vue des africains. Cependant on ne peut pas dire que ceux ci soient satisfaits puisque les engagements qui ont été effectivement pris ne sont pas des engagements concrets ou chiffrés. Aujourd’hui en Afrique, on ne peut plus attendre puisqu’il y a l’insécurité alimentaire, les questions de conflit, de changement climatique, de désertification.

L'Afrique s'est mobilisée afin de peser sur les débats à Paris. Pour Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour l'Afrique , il était impératif que les Etats africains se saisissent de ce rendez-vous afin de garantir leur développement.


Dans le cadre de la COP 21, le think tank Les Ateliers de la Terre a dédié un espace au continent. Le LAB (Land of African Business) se présentait comme un creuset des réussites africaines en matière de développement durable. Beaucoup de ces initiatives sont duplicables sur les autres continents. Durant neuf jours, débats, conférences et rencontres ont été organisés autour des thématiques qui composent les vecteurs de la croissance inclusive africaine. De fait, pour la première fois depuis Rio en 1992, le LAB était un espace dédié aux échanges de « bonnes pratiques » pour les entreprises innovantes africaines. Chaque journée portait sur un sujet différent : de l'urbanisation et des villes durables à l'agriculture et la sécurité alimentaire en passant par les transports, les nouvelles technologies, la santé, l'éducation, la femme africaine, les énergies.

Plus de 250 intervenants ont débattu et fait ressortir les recommandations de bonnes pratiques à suivre pour les entreprises, les gouvernants, la société civile et les organisations nationales et supranationales. Les choses vont maintenant dans les deux sens, il y a à la fois des innovations africaines qui peuvent être dupliquées à l'extérieur, mais l'inverse est également vrai .

Durant la COP , le continent africain a souhaité que sa vulnérabilité au changement climatique soit pleinement prise en compte. Et même si l’Afrique n’est mentionnée qu’une seule fois dans les textes adoptés, sa voix a été largement entendue. Mais le chemin reste encore long.

Première revendication prise en compte : limiter considérablement la hausse de la température globale. L’accord de Paris mentionne l’objectif d’une limitation « nettement en-dessous » de deux degrés Celsius, en poursuivant l’action menée pour limiter cette élévation à 1,5 degré.

Seconde revendication : le financement de l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre venant des pays du Sud. Les textes demandent fermement aux pays développés d’amplifier leur aide financière, afin d’atteindre l’objectif de 100 milliards de dollars de financements par an d’ici à 2020.

Certains délégués soulignent l’ampleur des chantiers qui restent à accomplir pour affiner et approfondir l’accord de Paris.

Deux interrogations ont émanée des rangs africains : l’une concernant le financement, l’autre impute la façon de faire respecter l’objectif de limitation de la hausse de température.

L'essentiel est de savoir si la « transition carbone » en faveur des énergies renouvelables sera bénéfique pour un développement exponentiel de l’Afrique. Le continent tire encore l’essentiel de son énergie du charbon ou des hydrocarbures. Il en usera encore pendant un temps, en attendant que les nouvelles énergies prospèrent. Tout en étant placé devant un véritable paradoxe : d’un côté, tenir au respect des recommandations de la COP 21 et, de l’autre, s’appliquer au devoir de développement.

Nombre d’analystes africains pensent que le continent a encore la chance de faire le choix de solutions appropriées pour son avenir. D’où la possibilité, à leurs yeux, de créer un « stimulant économique », à partir d’un bon dosage entre charbon et éolien, par exemple.

Dans le cadre de la Conférence des Parties (COP 21), les états africains ont soumis leurs Contributions Prévues Déterminées au niveau National (CPDN).

Il s’agit de la présentation des principaux postes émetteurs de gaz à effet de serre (GES) dans le pays, d’une simulation sur les émissions futures de carbone, du pourcentage de réduction envisagé et enfin des modalités de financement.

Après analyse des CPDN, on est surpris de la faible implication du secteur privé africain dans les négociations climatiques.

Pour les gouvernements africains, l’objectif des CPDN est d’obtenir des financements internationaux en échange d’engagements pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.

Agriculture et élevage, industrie, production de l’énergie, transport et logistique, agro-industrie, déchet, exploitation forestière, mine et cimenterie, industrie pétrolière et gazière, tourisme, etc. Quasiment tous les secteurs d’activités sont des cibles de réduction de GES selon les pays.

Ce qui entrainera à terme des chocs et mutations profondes au niveau des entreprises africaines.

Elles doivent donc réaliser un diagnostic de leurs émissions de gaz à effet de serre (bilan carbone) et adopter une stratégie carbone.

Ce qui permettra d’anticiper les risques des engagements internationaux des Etats sur le climat et de saisir les opportunités du green business.    

D’après la Banque Africaine de Développement (BAD), le coût économique du changement climatique en Afrique sera compris entre 45 et 50 milliards de dollars par an d’ici 2040 et jusqu’à 7 % de Produit Intérieur Brut (PIB) annuel en moyenne d’ici 2100.

D’après la Banque Mondiale, les seules coupures d’électricité coûteraient à l’Afrique subsaharienne 2,1 % de son PIB.

Le potentiel ne manque pourtant pas dans le domaine du renouvelable.

La BAD estime que la capacité de production d’énergie solaire pourrait atteindre 10 000 GW, celle éolienne 109 GW, respectivement 350 et 15 GW pour l’hydraulique et la géothermie.

Grâce à une double révolution verte, l’Afrique qui possède 25 % des terres fertiles mondiales non utilisées pourrait passer d’une production agricole annuelle de 280 milliards de dollars à 880 milliards de dollars en 2030. Avec une population de plus de 1,2 milliard d’habitants qui passera au moins à 2 milliards en 2050, il s’agit d’autant de bouches à nourrir.

De 28 % de citadins en 1980, près de 40 % des africains vivent actuellement en ville avec un pouvoir d’achat supérieur aux résidents des zones rurales et des changements dans les modes de consommation. Plus de viande et dont plus d’émission de GES.

Construire des villes intelligentes, c’est construire plus sainement des lieux plus vivables et plus productifs qui réduisent également les émissions de GES.


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Afrique


Abeilles contre la pauvreté : Un projet de l'ONG Farm Africa permet à de jeunes Éthiopiens de devenir apiculteurs pour assurer leur subsistance.

BO-Bulb, l’ampoule qui va révolutionner l’Afrique AmperAfrik, une société de référence dans la conception de produits énergétiques innovants sur le continent africain, propose une large gamme de produits innovants, notamment une ampoule, BO-Bulb, capable d’éclairer pendant 3 heures, même sans alimentation électrique.

Des magasins en pleine rue pour vous inciter à donner des vêtements : Afin de venir en aide aux sans-abris, le directeur artistique Max Pazak et le copywriter Kayli Vee Levitan de l'agence M&C Saatchi Abel ont eu l'idée très originale de créer un magasin de rue dans la ville du Cap en Afrique du Sud.

Faso Soap, le savon contre le paludisme : Deux jeunes Africains ont été les grands gagnants de l’édition 2013 du Global Social Venture Competition (GSVC). Ce concours international créé en 1999 par des étudiants de l’Université de Berkeley en Californie, récompense des étudiants et jeunes diplômés créateurs d’entreprises à fort impact social et/ou environnemental.

L’artiste Akon, d’origine américano-sénégalaise et de son vrai nom Alioun Badara Thiam, est à la tête d’un projet intitulé « Akon Lighting Africa » d’électrification de certains secteurs ruraux situés dans dix pays d’Afrique. Le projet ambitionne d’électrifier près d’un million de ménages.

Le vélo Buffalo, outil de développement économique et culturel Il n'est pas très beau, à une allure un peu cheap, n'a pas le dernier moyeu à vitesses intégrées ni de géométrie complexe, et pourtant, ce vélo a sauvé, ou tout du moins amélioré matériellement, la vie de près de 200 000 personnes en Afrique...

M-Kopa invente l’énergie solaire prépayée au Kenya : C’est le nouveau symbole de l’émergence d’une scène tech africaine en pleine ébullition. Et notamment celle de Nairobi, pionnière sur le continent. M-Kopa, startup kenyane de l’énergie solaire, a démarré l’année 2015 en fanfare, avec une levée de fonds record de 12,4 millions de dollars américains pour accélérer son développement et conquérir de nouveaux marchés en Afrique de l’Est. Une performance absolue en Afrique où selon VC4Africa, le portail de référence sur l’entrepreneuriat technologique et le capital-investissement en Afrique, en moyenne les levées de fonds réalisées par les jeunes pousses du continent franchissent difficilement le cap des 300 000 dollars.
La raison du succès de M-KoPa ? La jeune pousse propose aux 30 millions de Kenyans privés d’électricité et non reliés au réseau national d’acheter de l’énergie solaire à l’heure, via un système d’électricité « prépayé ». Chaque kit M-Kopa permet ainsi aux foyers clients d’éclairer 3 ampoules, pour l’équivalent de 43 centimes d’euros par jour environ. Un budget qui permet aux habitants les plus précaires d’accéder en toute sécurité à la lumière, délaissant les dangereuses, et surtout très polluantes lampes à pétrole, encore utilisée par des millions de foyers kenyans et africains.
Une fois équipée, chaque foyer peut payer sa fourniture en électricité verte à la journée, via M-Pesa, le système de paiement mobile qui domine l’économie bancaire au Kenya. Depuis 2012, la startup africaine a déjà réussi à connecter près de 150.000 maisons à l’énergie solaire au Kenya, mais pas seulement : la Tanzanie et l’Ouganda font partie des zones couvertes depuis peu par M-Kopa. Equiper et éclairer un million de foyers africains, voici l’objectif visé par M-Kopa qui se donne 5 années pour y parvenir, recrutant au passage chaque année plusieurs milliers de nouveaux collaborateurs.

Made in Africa : Turtle, la voiture 100 % récup' Fabriquée par des artisans près de Kumasi, au Ghana, la Turtle est la première automobile conçue entièrement à partir de pièces de récupération.

Mellowcabs : Des vélos/taxis électriques gratuits qui se financent avec la pub : Rendre les transports accessible à tous, c'est le projet de la société Mellowcabs qui propose aux citoyens d'Afrique du Sud, depuis 2012, de pouvoir bénéficier de taxis et de vélos électrique libres d'usage, et ce gratuitement.

Station Energy, le solaire multi-services en Côte d'Ivoire : Basé à Abidjan en Côte d’Ivoire, le jeune entrepreneur Alexandre Castel alimente les villages africains en énergie verte. Mais le CEO de Station Energy, le nom de sa startup, voit tout d’abord son produit comme un outil d’inclusion économique. «Nous voulons garantir un accès à l’énergie solaire et aux services de base pour les zones africaines isolées, en particulier à la campagne, en s’inspirant à la fois du modèle des stations-services essence et des épiceries africaines». L’accès à l’énergie constitue en effet le chaînon manquant du développement économique africain comme le souligne inlassablement depuis plusieurs mois Jean-Louis Borloo, qui rappelle à chaque occasion ces chiffres fournies par l’ONU : en Afrique subsaharienne, seulement 30% des habitants ont accès à l’électricité .

Avec Station Energy, Alexandre Castel promeut aujourd’hui de l’électricité solaire sous forme de boutiques multi-services : «nous vendons aux populations rurales des boutiques de services équipée de panneaux photovoltaïques offrant des services mutualisés : location de batteries permettant l’accès à l’éclairage, location d’espaces froids de conservation, vente de glace et produits frais, accès à Internet, vente d’équipements basse consommation, etc. ». Depuis son lancement, Station Energy fournit des kits solaires aux villages isolés de Côte d’ Ivoire, du Sénégal, du Burkina Faso et des Comores. Les centres urbains ne sont pas oubliés, Station Energy vient d’inaugurer une boutique solaire à Abidjan, dans le quartier populaire de Treichville.

Sunna Design, l’éclairage solaire et solidaire Lauréat du prix MIT Review de l’entrepreneur solidaire, Thomas Samuel essaime ses lampadaires de l’Inde à l’Afrique du Sud.

Tapera fait de l’huile alimentaire de l’or en Zambie : C’est à Lusaka, capitale de la Zambie, que l’entrepreneur social Mutoba Ngoma tente de découvrir la pierre philosophale vers la transition écologique des énergies fossiles. A savoir comment accélérer partout en Afrique la transformation des huiles alimentaires utilisées par les restaurants et les ménages africains en carburant pour voitures. Une solution mise au point avec sa startup spécialisée dans les biocarburants, Tapera. Ingénieur aéronautique de formation, Mutoba a tout d’abord mis au point un  prototype : sa première machine de retraitement a permis de produire chaque mois environ 200 litres d’essence à partir d’huiles de cuisine. Quelques pivots et améliorations techniques plus tard, les machines de retraitement de Tapera peuvent aujourd’hui produire en moyenne près de 3.000 litres de carburant chaque mois et même depuis peu du savon. Une innovation qui permet d’alléger la facture d’essence de plusieurs entreprises zambiennes déjà clientes de Tapera : la startup génère un chiffre d’affaires de 15.000 dollars chaque mois.  Tout en renforçant l’indépendance énergétique de la Zambie.
Prometteuse, la niche du biocarburant à partir des huiles de cuisine usagées fait naître d’autres vocations entrepreneuriales en Afrique Australe. Un peu plus au Sud de la Zambie, en Afrique du Sud, la startup BioGreen convertit elle aussi en carburant les huiles alimentaires en provenance des restaurants, hôtels et fast-food de Cape Town.  Toujours en Afrique du Sud, la startup Khwezi Oils fait de même sur l’ensemble du territoire. Un passage à l’échelle qui répond à une demande grandissante dans la nation arc-en-ciel.

Wecyclers (Nigeria) invente un écosystème du recyclage : La plus grande ville du Nigeria compte près de 21 millions d’habitants sur l’ensemble de l’agglomération. Conséquence de cette urbanisation galopante, le volume de déchets produit chaque année explose. Un seul exemple : située à proximité de l’aéroport international de Lagos, la décharge géante à ciel ouvert d’Olusosun reçoit quotidiennement… 10.000 tonnes de détritus ! Profondément désorganisés et rendue inefficace par des décennies de corruption lente, les services publics restent l’arme au pied face aux montagnes d’ordures qui s’amoncellent dans les rues du centre-ville. Fondée par l’entrepreneuse sociale nigériane Bilikiss Adebiyi, la startup environnementale Wecyclers a donc décidé de mettre sur pied dès 2012 un véritable écosystème du recyclage encore inexistant au Nigeria. Autrement dit « from scratch » pour reprendre le jargon technique des startupeurs.
Chaque jour, la vingtaine de tricycles conduits par les « Wecyclers » sillonne les rues de Lagos pour récupérer, contre rémunération, plusieurs centaines de kilos de déchets ménagers. Un système de points a été mis en place pour inciter les Nigérians à recycler leurs déchets en les confiant aux éboueurs en vélo de Wecyclers. Déjà 6.500 foyers nigérians ont souscrit au service de collecte fournie par la flotte de Bilikiss Adebiyi, qui emploie 75 personnes. Confiante, la jeune CEO passée par le prestigieux MIT prévoit de recruter au total près de 100 employés d’ici la fin de l’année. Depuis le lancement de Wecyclers, près de 600 tonnes de déchets ont été évacuées des rues de Lagos pour être revendues à des usines de transformation au Nigéria.
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Bons exemples


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Actualité 2016


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